Chapelet de revendications

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Une société tiraillée par les éléments qui la magnifient et la délitent en même temps S’il fut une période entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle où les êtres humains éclairés appelaient de tous leurs vœux un mouvement comme celui des Suffragettes qui vit finalement le jour en 1903 sous la forme d’un combat violent pour obtenir l’égalité entre hommes et femmes, et plus récemment la laïcité dans tous les pays dits démocratiques, laïcité qui suppose la neutralité de l’Etat et impose l’égalité de tous devant la loi sans distinction de religion ou conviction, mais qui malheureusement, bien que plébiscitée de toute part, fait encore défaut dans bien des pays ; aujourd’hui en revanche nous semblons dépassés, voire menacés, par toutes sortes de mouvements prétendant lutter en faveur des minorités et contre la discrimination. Pourtant si l’on y regarde de près, ces mêmes mouvements ou idéologies se révèlent excessifs, intolérants, radicaux et discriminatoires, alors même qu’ils appellent à l’annihilation de l’intolérance et de la discrimination ! Leur combat, tant aux yeux du profane que du sociologue ou du philosophe, pourrait apparaître une mascarade où le seul chemin emprunté est le fourvoiement.

Dans un récent article paru dans le « Tout l’Immobilier » sous la rubrique Emploi & Formation on apprend que les Universités américaines et britanniques pratiquent le « trigger warnings », les « safe space » et le « no platforming », en d’autres termes elles s’imposent de protéger la sensibilité et les opinions des uns et des autres quitte à sacrifier le savoir, l’ouverture d’esprit, l’objectivité et la réalité. Comme si l’homme moderne n’était tout à coup plus capable de soutenir une vision ou une idée différente de la sienne !

Dans le même registre, aujourd’hui, un peu partout sur la planète, des idéologies et des organisations militent pour la reconnaissance et la défense de groupes considérés comme victimes. On applaudit et on s’attendrait à ce que ces groupes soient par exemple les Pygmées auxquels on arrache leur terre, les Noirs d’Irak considérés comme des esclaves par certains de leurs pairs, ou encore les Ouïghours, les Rohingyas, les Garifunas, etc. Non, détrompez-vous, ces derniers n’ont plus la priorité. Ces minorités ethniques, cause de combats ô combien légitimes, sont en train d’être supplantées par des groupes qu’on qualifie à tort de minorités et de victimes car ils ne sont pas des personnes qui mènent ensemble un combat collectif, ils sont disparates, désunis, plutôt définis par des caractéristiques existentielles, culturelles ou biologiques telles que l’orientation sexuelle, le genre, l’origine ethnique, le handicap, etc. Ainsi les identités multiples qui composent la société, au lieu de trouver leur place dans le grand puzzle de la cohésion sociale, sont exacerbées par des manipulateurs de l’ombre qui recherchent avant tout notoriété et pouvoir. Toute différence, au lieu de constituer un carrefour d’enrichissements, devient prétexte à renverser l’ordre établi, instiller la peur et paralyser fluidité et circulation des savoirs et des progrès.

Dans quelle marmite sommes-nous tombés ? Dans quelle société nous est-il demandé de « survivre » au paradoxe du vivre ensemble ?
En réalité, si « les choses » en sont arrivées là, si, aujourd’hui, la confusion règne dans les esprits, et si par exemple des mouvements comme les Femen, les Hommen ou les Antigones ont pu voir le jour et connaître une certaine notoriété, c’est parce que les états du monde ne ce sont pas appliqués, par des mesures et des programmes précis, à éradiquer par exemple les préjugés du système patriarcal tels la réduction permanente des femmes à leur corps et à leur sexualité, la négation de leurs compétences intellectuelles. C’est parce que la laïcité est bafouée en permanence en dépit de tous les grands discours libertaires prononcés en public par les chefs d’Etat. C’est parce que les états répugnent à mettre en place une censure éthique qui protègerait les ignorants et les plus fragiles d’eux-mêmes, la société contre leur projet de concrétisation de leurs fantasmes et dérives. C’est parce que les états, en jouant la carte de la misanthropie, ont laissé le champ libre à la misogynie, la misandrie, au masculinisme, au féminisme subversif, et à toutes les dérives identitaires et sexuelles actuelles qui auraient peut-être renoncé à leurs prérogatives et privilèges si elles avaient pu trouver refuge dans les valeurs humaines que sont le respect, l’acceptation, la considération, l’appréciation, l’ouverture, l’entraide, la réciprocité, la solidarité, l’écoute, l’empathie et la fraternité.

La pratique de ces valeurs humaines aurait peut-être fini par avoir raison de mentalités fanatiques de tout bord assoiffées de différences et de revendications, faute d’avoir rencontré les valeurs humaines précitées.
Alors à quand la fin des dérives sociétales et des détournements de sens, litanie exubérante et intarissable ?
A quand un Etat qui cesse de diviser pour mieux régner ?

Béatrice Quattrocchi
18/01/2021
Lien permanent 5 commentaires

Commentaires

  • Saviez-vous que certains “dangereux complotistes” croient qu'il y a un projet de GREAT RESET (Grande Réinitialisation) avec comme slogan "Build Back Better" de la part des élites mondialistes (donc anti-Trump) qui voudraient profiter de la crise du COVID pour ruiner le petit peuple et la classe moyenne avec les confinements et les restrictions en tout genre afin de changer drastiquement notre société pour leur seul avantage.

    La vidéo suivante nous démontre clairement que ces "complotistes" ont totalement tort de penser que les élites ont un tel projet en tête (Il faut cliquer sur la vidéo pour activer le son):

    https://twitter.com/CharlieEmma85/status/1351507371386949639

  • @Béatrice Quattrocchi, votre écrit reprend la discrimination, fausse mais revendiquée par tous sites socialomusulmans/ ONGs islamistes jusqu'au sein de leurs agences onusiennes, catégorisant sous minorités ethnique, les dénommés rohyngias.

    Qui ne sont en aucun cas une ethnie, mais un assemblage de migrations issues de différents pays autour du Golf du Bengale - majoritairement des actuels Pakistan et Bangladesh.

    Le mot rohyngia n'est pas davantage le nom d'un peuple. Mais la reprise phonétique d'une expression populaire moqueuse des Birmans d'Arakan, pour désigner ces analphabètes venant de tous coins du Golf du Bengale, traversant sans droits le fleuve-frontière de l'état d'Arakan.

    Logiquement, la dernière constitution birmane n'a pas octroyé la citoyenneté birmane systématique à ces migrants venus s'installer sur sol birman en clandestins.
    De par l'évolution géopolitique récente, les groupuscules pro-islamistes sur place se sont amplifiés avec soutiens islamistes étrangers (Pakistan, AS, etc) pour imposer par la violence, éjecter les Arakanais, exiger la "papyrusation" de ces clandés immigrés sans droit sur sol birman, prendre le pouvoir sur l'Arakan, obtenir la séparation et l'indépendance de cet état birman.

    "Commentaire modéré"? J'ai hésité à poster ce commentaire, probablement vain, à cette note en mode victimaire made in pur jus gochobobo.
    Mais publiées à Genève, gouvernée sous majorité socialiste, en période pré-électorale et en ces temps de dires réalités, me semble nécessaire d'apporter une contre-explication sommaire à contre-vérités affirmées par Mme Béatrice Quattrocchi - et diffusées par Alonso Unica.

    Merci.

  • Corr. ortho "dire" (et non dires) - terme anglais, sign. réalités "désastreuses".

  • Madame Quattrocchi a écrit :

    " ...si elles avaient pu trouver refuge dans les valeurs humaines que sont le respect, l’acceptation, la considération, l’appréciation, l’ouverture, l’entraide, la réciprocité, la solidarité, l’écoute, l’empathie et la fraternité. "

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    Cela nous fait une belle liste d'aspirations humaines qui toutes font appel au besoin fondamental qu'est la confiance.

    Aucunes des valeurs citées plus haut ne peuvent naître si la confiance en autrui est absente.

    Or c'est justement la confiance qui s'est peu à peu effacée au cours des décennies passées. Décennies sous l'emprise d'une ivresse technologique ayant entraîné la possibilité de fortunes colossales, de pouvoirs excessifs et délétères, de discours manipulatoires à l'échelle de la planète, une sorte de troisième guerre mondiale des malins et des voraces contre les placides et les candides.

    Poussez un placide au désespoir et vous le verrez devenir un combattant, un libérateur ou un oppresseur. L'esprit humain a peu de voies pour échapper aux douleurs que provoquent le mépris, la haine et la violence.

    Nous vivons en ce début d'année 2021 la conjonction de ces maux. Mépris inter-ethniques, arrogances religieuses, disparités économiques ahurissantes, violences publiques et privées.

    Toutes ces dérives naturelles du comportement humain aux prises avec la sournoiserie d'un virus que les autorités du pays de ses premières victimes ont refusé d'annoncer au reste d'une planète qui tente aujourd'hui désespérément d'éviter une catastrophe globale. Parfait exemple d'une absence de confiance mortifère.

    Sans confiance, l'appel au respect, à l’acceptation, à la considération, à l’appréciation, à l’ouverture, à l’entraide, à la réciprocité, à la solidarité, à l’écoute, à l’empathie, ou à la fraternité et la sororité est vain.

    Ici ou là, parfois, une bribe d'espérance peut virevolter à la faveur d'une générosité merveilleuse, d'une bonté admirable. Ces gestes nous laissent penser que rien n'est jamais perdu, que la sagesse viendra à l'Humanité avant que sa stupidité ne la détruise.

    C'est l'unique combat qui traverse les millénaires, survivre à l'entropie.

    Depuis que les créatures humaines laissent des traces de leur passage sur la Terre, une petite part de ces traces laissent apparaître une inclination universelle vers un besoin de sagesse. Quelle que soit la forme que celle-ci prend au cours des siècles, l'aspiration à ses bienfaits est permanente.

    Nous ne pouvons que souhaiter une renaissance de la confiance, ouvrant la route à une sagesse des peuples, sur cette petite planète perdue dans la périphérie d'une galaxie inhospitalière tournant parmi des milliards d'autres galaxies dans un Univers aussi mystérieux que fascinant.

    Bon, je reviens sur Terre. Confiance et bonne humeur, sinon rien. La routine.

    P.S. L'illustration de votre article est excellente.

  • Chester Edwin@ "petite planète perdue dans la périphérie d'une galaxie inhospitalière " Inhospitalière, inhospitalière, notre galaxie, vous avez de ces mots. Si elle était si inhospitalière, nous ne serions pas là...
    PS. J'ai suivi vos conseils de lecture et je suis dans "La nouvelle grille". Me semble vraiment très gauchiste par moments, spécialement le chapitre "Démocratie et notion de pouvoir"...

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