Supprimer les têtes qui dépassent

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Comme écrivait un professeur honoraire de l’EPFL et écrivain suisse dans l’Agefi en juin 2018 sur l’affaire Maudet « La guillotine helvétique est sèche, en ce sens qu’elle ne fait pas couler le sang. Elle vise simplement à supprimer les têtes qui dépassent. » Du temps s’est écoulée depuis cet écrit et la chanson reste la même ; les camarades et opposants politiques sont toujours à la recherche d’éléments aggravants contre Pierre Maudet, tout élément même minime est monté en puissance. Ce qui est étrange est que des manquements similaires ne semblent pas poser problème s’ils proviennent des Départements de ses acolytes du Conseil d’Etat.

La dernière affaire en cours, est une affaire de gestion de Ressources humaines. C’est étrange que le « dysfonctionnement » ne se trouve que dans le mini département de Pierre Maudet. Ce qui est sûr, c’est que l’image générale des multiples Services de Ressources Humaines est déplorable ; qui au lieu de gérer avec bienveillance le personnel agissent exclusivement comme bras armé du management, si souvent peu éthique.

La presse qui, au début prit part à la corrida contre le soldat Maudet, prend de plus en plus distance avec les politiciens qui agissent à l’encontre de l’état de droit, dans l’affaire Maudet notamment.

Mais qu’a-t ’il fait de si grave pour faire l’unanimité « contre lui » auprès des collègues politiques de tous partis confondus ?
Pierre Maudet n’est plus membre du PLR, bien qu’il reste probablement toujours radical au fond de lui. Il a des affaires en cours au Ministère public genevois, alors que tous les acteurs de l’« affaire des notes de frais » sont eux, disculpés. A savoir que ces acteurs proviennent des partis politiques Socialistes, Verts, PDC et Solidarité.

C’est vite vu, il ne fait pas bon d’être le premier de classe dans la République bananière. En parlant de bananes, savez-vous que l’Argentine et même la Sicile sont des producteurs de bananes ?
Faudrait chercher de ce côté pour détecter les nuisibles à la République de Genève.

Commentaires

  • "Ce qui est sûr, c’est que l’image générale des multiples Services de Ressources Humaines est déplorable ; qui au lieu de gérer avec bienveillance le personnel agissent exclusivement comme bras armé du management, si souvent peu éthique.*

    Bonjour Manuel,
    Pour l'instant, vous êtes le seul à évoquer la qualité douteuse des Ressources Humaines dans l'affaire Maudet. Merci de l'avoir relevé, cela me donne ainsi l'occasion de réagir.
    Je dirais que les Ressources Humaines, dans une très grosse majorité des cas, sont même toxiques.

    A moi de me poser cette question:
    Et si la bureaucratie administrative était devenue un état dans l'état!? Chose tout à fait pensable.

    J'ai observé depuis une vingtaine d'années que les soit-disant Ressources Humaines ne gèrent les personnels que comme matière de laquelle des bénéfices sont à extraire et qui doivent impérativement leur revenir avant leurs employeurs. Les ressources Humaines telles qu'elles sont conçues depuis une trentaine d'années, ont besoin de débouchés et de se pérenniser, surtout dans la forme actuelle de gouvernance d'entreprises. Elles ont importé des objectifs de rendement au lieu d'instituer le consciencieux dans la tâche et la qualité dans toutes les relations humaines dans le rôle de service de leurs agents. Avec la fabrique universitaire des gens de lettres, on se retrouve avec des diplômés en surnombre mais qui ne servent pas à grand chose s'ils ne démontrent pas de professionnalisme dans la profession qu'ils convoitent: Gérer les autres humains. Disons plutôt, les dominer et tenir une parcelle de pouvoir sur eux. Une parcelle significative quand-même pour être craints. C'est donc l'autre face peu réjouissante d'une société quelque peu instruite, celle qui est capable de s'améliorer comme de se médiocriser. Paresse ou lâcheté, ou les deux qui les font préférer le pouvoir. Souvent le pouvoir gratuit sur les subalternes et le pouvoir intéressé sur la hiérarchie.

    Et justement, elles ont apparu sur le marché du travail très massivement. Et quand une population se massifie, elle ne demande qu'à être reconnue et qu'à exercer le pouvoir du nombre. On a pu se rendre compte de leur imperformance contagieuse au sein des entreprises et administrations.
    Les Sociétés pléthoriques d'audits ne sont rien d'autres que des gens qui n'ont aucun autre métier que celui de théoriser dans le vide à inventer le bien, le leur et le mal, le leur aussi. psychologues, sociologues, ergonomes, en mal d'emplois, ils ont fait beaucoup de tort là où ils mettent leurs pieds. Ces sociétés sont de qualité variable parfois très médiocre, mais elles ont un gros appétit. Ne l'oublions, pas certains éléments des RH sont de vrais voyous qui utilisent chantages, menaces et intimidations. Notre système de santé aurait dû se pencher là dessus depuis des lustres, mais personne, en politique, ne s^y est encore intéressé... Oui! Il y a une exception. Christian Brunier. Il veut rendre le travail moins torturant. Mieux. Il veille à ce que son personnel revienne, heureux chaque matin au travail. Il faudrait prendre cet exemple si on ne veut pas la faillite de la gestion, la faillite des employés, la faillite des patrons. Bref. La faillite de tout ce qu'on entreprend.

    Je ne ne développe pas davantage dans ce commentaire parce que c'est un sujet qui a occupé des décennies de travail de collecte de données, d'analyses et de recommandations. Là aussi, du labeur de la médecine du travail qu'on flanque à la poubelle parce qu'il dérange.
    Il sera nécessaire d'étudier cette profession et sa communauté de manière fouillée et rigoureuse parce que cette profession est formée sur des concepts complètement hors de toute réalité vécue. Les recettes de leurs pions sont plus mauvaises les unes que les autres. La plupart d'entre eux n'ont été formé ni n'ont pratiqué aucun autre métier que celui-là: Conseil et audit. Très propices au voyeurisme payant.

    Alors, ce qui se passe dans cette affaire que la presse Trash aime à nommer l'Affaire Maudet, ne m'étonne pas du tout.

    Comme Simon Brandt l'avait proposé -- et il avait effrayé beaucoup de ce beau monde lors de la dernière campagne électorale du CA - auditer toute l'administration municipale qui semble avoir la bourse mieux qu'une passoire dans tous les départements (et à moi d'avoir souhaité... pourquoi pas celle du canton)...

    Quelques points m'ont frappée dans cette affaire:

    1 - le nom de la société d'audit

    n'a pas été révélée, comme si elle devait rester secrète. C'est comme SCORE cet autre auditeur, mandaté dans le but de déclasser tout les personnels de l'état, lui, était resté longtemps secret, y compris le budget engagé et la durée de son travail - sans doute pour qu'on n'aille pas chercher à évaluer ces experts pour leur prétendues compétences ou habileté ni qu'on y découvre les but du Conseil d’État..

    2 - Le prix de cet audit,

    Audit qui, me semble bien bref, en tout cas dans sa phase d'analyse et on ne sait pas à quel prix le CE l'a acheté.

    3 -La Méthodologie

    Un troisième point qui me semble capital pour les commanditaires de l'audit: la méthodologie de travail dûment détaillées et décrite . Soit ils l'ont eue en main et ils la taisent, soit ils ne l'ont pas eue et ils ne l'exige même pas. Dans les deux cas, ils auraient dû, au moins, en faire mention au parlement.
    La méthodologie et les moyens proposés pour la mise en œuvre de l'audit me semblent primordial d'être vérifiables pour le Conseil d’État afin de pouvoir sous-peser le rapport coûts et avantages (utilité)...

    Un audit périodique en dehors de toute crise

    Mon humble conviction est que toute l'administration cantonale - comme toutes les administrations de tous les cantons qui, hélas, souffrent de gravent dysfonctionnements polluants et nocifs pour les employés - devraient bénéficier d'un audit sérieux et bienveillant (le but serait de comprendre comment on en arrive là) avec des capacités, des compétences avérées dans les expertises et prouvant une impartialité irréprochables.

    Un audit doit apprendre bien plus que simplement désigner un ou des responsables

    En soulignant cela, je songe à Technologia - qui disposait d'experts dans tous les métiers techniques et tertiaires - avait fait un travail remarquable en auditant la régie Renaud et France Télécom lorsque ces deux entités avaient connu plusieurs crises dont des vagues de suicides. Leurs rapports, tant intermédiaires que finaux étaient de véritables traités du management et de la sociologie du travail qui mettaient en exergue les manques à gagner et les coûts inimaginables pour la santé publique.

    Les haut-fonctionnaires se sont accaparé les pouvoirs d'arbitrage et régalien de recrutement de personnels. C'est dans l'administration qu'on voit poindre en premier ce phénomène de pouvoir féodal qui se cristallise dans la buraucratie, ce que j'appellerais un état dans l'état.

    La management toxique est devenue structurel et systémique au fil des années. Les victimes sont, autant les employés que les magistrats-employeurs nommées à leur décastères. Les hauts fonctionnaires ont tendance à se placer en arbitre, surtout quand les magistrats tombent en disgrâce et qu'ils ne sont plus en position de les protéger eux et leurs intérêts.

    Les haut fonctionnairres sont capables de désorganiser une administration par des prérogatives et des injonctions contradictoires, de diviser les différents personnels par la mise en place d'une organisation volontairement incohérente, souvent absurde. Mais pourquoi donc? Pour sauvegarder leur position dominante et pour se protéger de toute attaque justifiée ou non venant de plus haut qu'eux. Il n'est pas rare que des ministres tombent. Il se trouve quelques fois des haut-fonctionnaires assez charitables pour conseiller à leurs victimes une porte de sortie par le haut ou par une porte transversale.

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