Il était une fois l’éthique en entreprise

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Depuis l’entrée dans l’ère de la globalisation, les dérives dans la gestion des institutions se multiplient et affichent ostentatoirement à la population la saleté morale de ses dirigeants. Avec cette nouvelle maladie d’entreprise apparaît son contre-poids, la dénonciation !

La cause ?

Plusieurs causes. Un grand rôle a été mené par les lobbys qui s’acharnent profitablement à fausser le fonctionnement politique et la gestion des grandes entreprises, tant privées que publiques. Une dégénérescence de l’éthique des entités monte en flèche. Les personnes qui grimpent dans la structure par des stratagèmes malsains, s’accompagnent de groupes de suiveurs à leurs bottes, non pour faire avancer les missions des entités, mais pour asseoir la pérennité de leur réseaux informels.
Deux mondes s’affrontent, l’un composé de personnes professionnelles, étiques et compétentes et l’autre de personnes rusées, malhonnêtes et souvent incompétentes. Les premiers sont au service des seconds, hélas pour les premiers. Mais l’ironie de la chose c’est que les seconds, les dirigeants, ne sont pas les propriétaires des structures, mais seulement les gestionnaires pour le compte, à l’heure actuelle, des multiples actionnaires de l’entité ou les citoyens pour les entités publiques.


La confiance c’est bien, mais le contrôle c’est mieux

L’origine du contrôle prend son début lorsque le seigneur, le propriétaire des biens, est contraint de donner à gérer ses fonds à des tiers gestionnaires ; tant il est riche en domaines de toute sorte et ne peut être partout et tout faire soi-même. En résumé, c’est ce qui s’appelle le « dilemme de l’agence » ou en d’autres mots la « théorie de l’agence » en sciences économiques.
Que peut faire ce propriétaire (unique ou multiple) des biens (dit le « principal » dans la théorie de l’agence) ? Faire confiance au tiers gestionnaire ou mettre en œuvre un système de contrôle qui est chargé de s’assurer que les biens sont correctement gérés par ce dirigeant (dit l’« agent » dans la théorie de l’agence) ? Ainsi naquit la fonction de contrôleur.


Le dysfonctionnement structurel

Mais que se passe-t’il si certains de ces contrôleurs (voir l’affaire Enron et Arthur Andersen) sont pris à leur tour dans une même spirale de malhonnêteté ou d’avidité ?
Là, le système commence à trop dysfonctionner, les ressources des entités ne sont plus mises exclusivement pour remplir les missions, mais pour maintenir des profiteurs qui, tels des cancers dans un corps, se cooptent, les managers « défectueux ». Ils détiennent trop de pouvoir, à tel point qu’ils peuvent carrément assurer leur défense propre avec les fonds des propriétaires lésés.


Le lanceur d’alerte ou whistleblower

En réaction à ce décalage entre l’honnêteté exigée des employés et la malhonnêteté ou incompétence des dirigeants surgit le « lanceur d’alerte » ou whistleblower en anglais. Bien évidemment, le terme est mal compris par la population qui croit que le « lanceur d’alerte » informe les journaux, ce qui est en partie vrai et faux. Le lanceur d’alerte doit dénoncer les pratiques délictueuses (relevant du pénal) auprès d’instances telles que le Ministère publique et si la structure est fiable la hiérarchie qui chapeaute les personnes de la structure qui commet l’infraction pénale.
Est-ce que le copinage est un délit ? Oui, sauf que le tissu juridique suisse n’a pas à ce jour intégré ce type de corruption basé sur l’amitié collective au sein d’un réseau d’influence et de gestion.


Émergence d’un mouvement

Les directions défaillantes, à force d’abuser du système d’entreprise, ils provoquent aux employés, un sentiment d’injustice, qui fait que ces derniers tentent un minimum d’informer soit les propriétaires soit l’opinion publique. Cette dernière étant véhiculée notamment par les quatrième et cinquième pouvoirs ; à savoir, la presse et les réseaux sociaux.

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