13/10/2017

Quand le bâtiment va tout va, mais pas pour les maçons

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Depuis 5 ans le secteur du bâtiment serait entré en récession. Au lieu de progresser annuellement de près de 4 à 5% (avant 2012) ce secteur a connu un ralentissement mais sans qu’il n’y ait eu de baisse, alors que le patronat prévoyait un recul de l’activité dans la branche.
Ainsi en 2014, alors que les chiffres devaient être dans le rouge selon les prévisions, cette année les investissements dans la construction ont crû de 3,1% et la progression la plus faible des cinq dernières années a été constatée en 2013 avec un petit 1%.

Marges bénéficiaires en hausse

Combien de temps encore le patronat de la branche va-t-il prétexter une baisse d’activité pour ne pas adapter la rétribution du facteur « travail » et lui donner sa part dans cet accroissement des bénéfices d’entreprise ?

N’ont-ils pas eu une progression de leurs bénéfices sur cette même période ? Et ce, notamment en chargeant chaque fois plus les travailleurs, tels des bêtes de somme, et en remplaçant les plus âgés par de jeunes temporaires facilement jetables. Il n’est plus acceptable d'ignorer les préoccupations liées à la santé de ces employés qui sont confrontés à un dur labeur tout en étant chichement rémunérés.


Une revendication justifiée

Le 21 octobre 2017, les travailleurs du secteur de la construction vont manifester massivement, au niveau national, afin de dire stop à ces abus commis sur leur dos ; alors que le taux de pénibilité de leur travail est un des plus hauts qui soient.

Pour la Suisse romande, ce sera Lausanne qui accueillera ces travailleurs à la place Saint-François à 14 h pour une manifestation de mécontentement et pour faire entendre leurs revendications. Ils réclament à juste titre :
- une protection accrue en cas d’intempéries ;
- une hausse de salaire de 150 francs ; et
- la réduction du stress lié au respect des délais sur les chantiers.

Les autorités genevoises ne doivent plus cautionner la sous-enchère de la sous-traitance dans les chantiers publics. Le syndicat Unia propose d’ailleurs que la part des travailleurs temporaires soit limitée à 10% dans le Règlement cantonal sur la passation des marchés publics.


Alonso est un maçon

En tant que fils d’un maçon immigré espagnol, je m’insurge contre les conditions imposées aux travailleurs du bâtiment, tant sur le plan sécuritaire que financier. Nous vivons en 2017 et les conditions de travail semblent ne pas avoir changé d'il y a 40 ans lorsque, enfant, je voyais mon père rentrer des chantiers épuisé mais fier d'avoir accompli un travail dont il ne volait pas son salaire. Cela suffit ! Il faut plutôt se poser la question si ce ne sont pas les maçons qui se font voler leur capital-santé pour un revenu bien bas.

Les travailleurs du bâtiment n’ont pas les revenus les plus faibles, certes, bien que leur rémunération reste toujours basse, mais une amélioration de leurs conditions de travail serait amplement justifiée et le patronat de la branche doit cesser de trop tirer sur la corde.



alonsounica.blog.tdg.ch
www.genevechiens.com
www.alonsounica.com


11:20 Publié dans Causes et associations, Etat, Genève, Humeur, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

Et vous représentez quels maçons?

Pouvez-vous préciser sur quels chantiers genevois et chez quelles entreprises, votre syndicat représente des maçons résidents officiels dans le canton?

qui ne sont ni travailleurs étrangers détachés des pays baltes ou des Balkans, ni recrutés par les proprios turcs de sociétés éphémères, ni employés en sous-traitance sur contrat passés entre gros BTP étrangers et sociétés temporaires étrangères, qui ne soit ni résidents temporaires sur territoire frontalier voisin, ni des européens sous contrat temporaire dans leur propre pays, ni résidents non déclarés dans le canton?

On est témoin de tant de défauts structurels du travail de tels maçons dans la sous-traitance, que c'en est comique (pose de dalles en dépit de toutes règles, dont on savait que & qui s'effondrent plus vite que parié - par exemple).

Vous pourrez ensuite vous attaquer à une autre question juteuse à traiter: le marché des énergies renouvelables, où l'emploi d'incapables sous-payés permet aux mêmes de faire fortune à court terme, sur le dos du client-payeur de "manutentionnaires" qui n'y connaissant rien, saccagent même le gros oeuvre.

Vous êtes porte-parole syndicaliste & bloggeur de longue date - de grâce, arrêtez de vouloir nous faire le coup du "maçon maltraité" : les maltraités ici ne sont plus les salariés locaux, mais les contribuables pour tous chantiers publics, et les clients du privé.

Écrit par : divergente | 13/10/2017

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Tu devrai aussi parler du secteur des transports, avec des travailleurs de l'Est qui prennent tout le boulot partout en Europe de l'Ouest, avec des salaires qui sont au tiers des salaires suisses/français! Et pas un seul politique pour s'en indigner!

Écrit par : dominique degoumois | 14/10/2017

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Tu devrai aussi parler du secteur des transports, avec des travailleurs de l'Est qui prennent tout le boulot partout en Europe de l'Ouest, avec des salaires qui sont au tiers des salaires suisses/français! Et pas un seul politique pour s'en indigner!

Écrit par : dominique degoumois | 14/10/2017

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