06/04/2017

TPG ou comment contourner la démocratie

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En matière de mobilité, la mauvaise foi et l’incompétence règnent sur la politique genevoise. Comment peut-on répondre à une question donnée par la réponse à une autre question ?

Les usagers

bus5.jpgPlusieurs pans de la population genevoise n’arrivent pas à se payer les transports publics car leurs revenus ou absence de revenus ne le leur permettent pas.
D’ailleurs, ne dit-on pas qu’à Genève un bon tiers de la population ne paye pas d’impôts ? Parmi ces derniers, figurent un grand nombre de personnes âgées, de jeunes en formation et de « working poors ».
Pourquoi ne pas proposer alors un tarif bas, voire une gratuité, des transports à ces usagers contraints, par leur faible pouvoir d’achat, à utiliser des transports collectifs plutôt que de les exclure de ce service public ?

bus1a.jpgNi les Transports Publics Genevois (TPG), ni le Département de l'environnement, des transports et de l'agriculture ont envisagé de faire un geste envers cette population démunie. La société civile, au travers de l’AVIVO, a pris les devants et a demandé un vote populaire sur la question d’une baisse des tarifs : initiative 146 votée le 3 mars 2013. Sont venus appuyer cette initiative Ensemble à gauche, le MCG et les syndicats notamment.

Suite à une invalidation du vote du 3 mars 2013 par la justice, due au recours du Parti pirate genevois pour raison de vice de forme (qui avait vraiment peu d’impact sur le fond du problème), le peuple revota le 18 mai 2014. Les scores des deux votations furent de 55,8% et 53.8% respectivement, bien que les deux partis politiques (Ensemble à gauche et MCG) qui appuyaient les deux fois la même initiative ne représentaient que le 28% des électeurs.


Premier abus (détournement de la volonté populaire)

bus7.jpgVoter sur le prix du ticket ne signifie pas que l’on veut une dégradation des services et une limitation des prestations. Peut-être bien que cette majorité des votants souhaite que les revenus/recettes des TPG proviennent d’un instrument plus solidaire tel que l'impôt (pour autant que ce dernier reste un outil de redistribution de richesses et correction des inégalités). Lorsque les TPG ont coupé fortement des prestations, du point de vue quantitatif et qualitatif, cela signifiait qu’il avait mal compris la volonté populaire.


Les représailles parlementaires
En octobre 2016, rebelote ! les TPG refont parler d’eux. Une majorité du Grand Conseil est allée « à contre-courant » de la volonté populaire et a cherché « sa revanche » en acceptant une hausse des tarifs, proposée par les TPG. Du coup, Ensemble à Gauche, le MCG et le Parti socialiste (ce dernier était initialement contre l’IN146) lancent un référendum contre la décision d'augmenter les tarifs.


Les personnes attachées aux causes

busA1.jpgLes partisans du referendum cantonal récoltent dans les 40 jours les 7'524 signatures valides nécessaires.
De son coté, en dépit de ses ressources-temps limitées, votre serviteur qui exerce une fonction exigente au sein de la Confédération, a consacré diverses pauses de midi à la récolte de signatures, sous les bannières socialiste et SURVAP (Association des habitants de Pâquis) .


Deuxième abus

Replanifier une hausse de tarifs, alors que le peuple s’était déjà prononcé majoritairement pour une baisse des tarifs, c’est ne pas vouloir répondre à la volonté populaire. Cependant, pour faire passer la pilule, les TPG et le partis politiques (qui souhaitaient cette hausse de tarifs) ont promis de nouvelles dessertes.

bus2.jpgSaint-Thomas, qui ne croit que ce qu'il voit, aurait pu dire « d’abord réinstaure le service public universel à un niveau acceptable et ensuite on verra ».

Cependant, on ne voit pas comment cette amélioration des dessertes permettra aux démunis de Genève (ce grand nombre de personnes âgées, de jeunes en formation et de « working poors ») de faire face à un tarif encore plus élevé qu’avant ?



www.alonsounica.com

www.genevechiens.com

QUI EST Manuel ALONSO UNICA ?

Commentaires

L'invalidation de la votation était liée au texte tres mal rédigé, avec des erreurs et qui prêtait a confusion. Il y a eu plusieurs recours contre le texte de loi et contre les votations.
Vous étiez ou lorsque les bénéficiaires de prestation complémentaire AVS et AI on été obliger de payer 66 frs par an alors qu'avant ils bénéficiaient de la gratuité ?
Oui il existe des personnes incompétentes élues au Grand conseil, comme ceux qui ont rédigé le texte

Écrit par : Steve Roeck | 06/04/2017

Bonjour Steve,
Il me semble même que le Parti pirate n'était pas le seul recourant. Personnellement, je sais pas ou j'étais, mais je pense que j'ai dû m'offusquer par la suppréssion d'acquis sociaux, surtout auprès des plus faibles. En tous cas l'AVIVO fait un bon travail car il suit bien ses membres et leurs intérêts et non pas uniquement pour les cotisations.
Effectivement, cela fait beaucoup d'erreurs importants de la part des soi-disant professionnels du domaine. On peut tout accepter, mais en tous cas pas de jouer avec notre porte-monnaie et nos droits, qui sont chaque fois plus limités.
Souvent les partis de droite arrivent même à se faire suivre par certains de gauche, ce qui est plus scandaleux car il me semble qu'ils n'arrivent plus à représenter sa propre population d'électeurs. Cela devient parfois un abus de confiance démocratique, qui devrait etre sanctionné pour tromperie.

Écrit par : Manuel Alonso Unica | 06/04/2017

Je suis le secrétaire général de la Communauté d'Intérêts pour les Transports Publics Suisses. Je reconnais qu'il y a des gens qui sont sans emploi et ont un revenu en dessous du seuil de la pauvreté, comme moi-même j'en ai fait l'expérience, mais n'exagérons pas. Dire que des gens n'arrivent pas à payer les tarifs des TPG, les plus basses de la Suisse dans la ville qui offre les salaires les plus élevés du pays, est tout simplement ridicule. Un billet de bus coûte moins qu'un café ou une bière au bistrot. Vous trouvez ça normale? Le réseau des TPG est le deuxième plus dense en Suisse, avec de bonnes liaisons entre quartiers périphériques. Mais son problème est l'inefficacité et le fort dégrée de perturbation due à la mauvaise gestion de la circulation privée et le non-respect des règles élémentaires par de nombreux automobilistes, sur un réseau qui était construit il y a 100 ans pour 150'000 habitants. Aujourd'hui, 250'000 personnes entrent jaque matin à Genève depuis la France et le canton de Vaud et circulent chez nous en plus des 500'000 genevois. Le problème est là, et aucunement avec les tarifs qui sont bien trop bas pour pouvoir offrir au genevois la possibilité de faire un transfert modal sur les transports publics. Pour cela il faudra plus de bus et trams, et avec de plus grande capacité, sans être bloqués dans la circulation automobile. C'est la condition de base pour diminuer le trafic individuel et offrir une amélioration qualitative et incitative des transports publics. Et cela coûte malheureusement plus que 3 francs par voyage. En réalité plus de 7 francs, la différence étant déjà subventionnée.

Une petite majorité a voté pour une diminution des tarifs. Bien sûr, c'est toujours tentant de devoir payer moins. Mais ont ils pensés aux conséquences? Croient-ils qu'on puisse maintenir les mêmes prestations en payant moins. Vous accepteriez de travailler plus pour moins de salaire? Ou c'est juste bien que d'autres l'acceptent et paient pour vous? Trop facile! Prenez vos responsabilités, soyez solidaires, et payez le coût véritable que vous causez avec vos consommations, qu'ils soient de nature publique ou privé. Ce n'est pas une raison de faire payer l'Etat, c'est à dire vos voisins soit-disant plus riches, parce que c'est un service public. Un service public ne garantit que la pérennité de ce service à un but non lucratif, mais ne signifie nullement obligation de subventionnement, quel que soit l'état de pauvreté de l'individu. C'est le service social qui se charge de ces malheureux.

Détail important que les initiant, votants oui et référendaires politiques ont oubliés ou se plaisent simplement d'ignorer abusivement: Les TPG ne sont qu'un acteur parmi d'autres dans Uniréso, qui gère les tarifs et distribue les recettes pro-rata aux entreprises de transport, dont les TPG font partie. Le hic, c'est qu'on a aussi des lignes de chemin de fer régionales à Genève qui font partie du tarif à 3 francs. Et les CFF ne sont pas d'accord avec ce prix bradé. Ces lignes sont subventionnées par la Confédération, pas Genève. La Confédération a informé les autorités genevoise qu'elle ne subventionnera pas les augmentations d'offres (un train toutes les 15 minutes au lieu de 30, plus le CEVA) si les tarifs ne sont pas ajustés à la hausse. Le taux de couverture des charges d'exploitation des lignes CFF régionales est trop bas pour bénéficier des subventions fédérales. Seule solution, augmenter les tarifs d'Uniréso, donc aussi le billet de bus TPG.
Tout le monde sait qu'une augmentation d'impôts ne passera jamais en votation populaire et qu'il est exclu de piquer de l'argent dans la formation, la santé, la sécurité et bien d'autre domaines pour augmenter la subvention aux TPG. Et les autorités française ont dit qu'ils n'ont pas d'argent pour participer à subventionner les transports publics dans notre canton. La gratuité n'est qu'un rêve des profiteurs. Donc soit le voyageur paie le prix qu'il faut pour une prestation donnée, soit on le fera marcher.

Écrit par : Trippel Martin | 08/04/2017

Je pense qu'une société saine et évoluée doit offrir les transports publics à la population. Se déplacer gratuitement dans une ville devrait être un droit.

Écrit par : Aurore | 12/04/2017

Effectivement et de plus la region aurait un boost du point de vue economique car la fluidité serait améliorée. Sans parler de l ecologie.

Écrit par : Manuel Alonso Unica | 12/04/2017

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