16/03/2017

Notre prévoyance vieillesse, un festin bancaire

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Est-il acceptable que l'argent des rentiers et futurs rentiers suisses fasse l'objet de spéculation dans les marchés boursiers juste pour gagner un peu plus d'argent ? Pourquoi ne pas miser cet argent au casino ?
N'y a-t'il pas d'autres œuvres sociales ou institutions publiques qui puissent bénéficier du pouvoir de financement du Fonds AVS et des Fonds de pension des Caisses du deuxième pilier ?

Inadéquation avec l'esprit de la LAVS

« Spéculer » n'est pas une action cohérente, en phase avec la logique qui est à l'origine du Fonds AVS et la mission de base que poursuivent, en règle générale, les assurances sociales.

Lorsque que l'on parle de « spéculation », l'on pense avec raison aux « paris d'argent », à l'« arbitraire », à l’« invérifiable » !
Prendre des risques sur des investissements boursiers pour soi-disant optimiser les placements ce n'est pas une logique de gestion publique non plus. Après tout, le Fonds AVS, c'est de l’argent public car il provient réellement du produit du travail de sa population; de l'argent durement gagné par des travailleurs dans la vraie économie.

Le but ultime du Fonds AVS est de fournir, à la fin de la vie active des travailleurs, des rentes d’assurance-vieillesse. Rentes, qui sont bornées à 2’350 francs (rentes individuelles) et à 3'525 pour les couples.


Stratégie de placement déconnectée avec la mission

Alors que le Fonds AVS et les Caisses de pension ont une fortune positive, les autres les institutions publiques suisses (fédérales, cantonales, communales, para-publiques), faute d'argent disponible, sont souvent contraintes d'aller chercher l'argent pour alimenter leurs besoins en liquidités.

D’un côté, le Fonds AVS paye à des institutitons financières et bancaires des frais pour placer son argent.
D’un autre côté, les différentes institutions publiques et parapubliques suisses (toutes confondues) font souvent appel à des institutions financiaires et bancaires pour faire face à leurs investissements d’infrastructure et payent également des frais à ces dernières.

Ne serait-il pas possible d’optimiser cela et de court-circuiter des intermédiaires ?


Réformer la manière de placer l'argent de la prévoyance vieillesse suisse

Ne serait-il pas possible de passer par un système d'optimisation de l'argent public, en proposant que les 43 milliards de francs de l'AVS soit placé auprès d'autres institutions publiques suisses ? Et cela, en concordance avec l'esprit de solidarité qui se trouve au coeur des lois sociales.

Et pourquoi ne pas proposer également que les fonds relatifs au deuxième pilier, qui se montent à environ 800 milliards, soient en priorité placés auprès des institutions publiques ? Et ce, afin d'éviter de faire assumer à la population suisse des frais inutiles payés au monde bancaire et surtout afin d'éviter de faire assumer les risques attachés au boursicotage ?

Croire que la spéculation est nécessaire, car les autres caisses ou autres institutions s'enrichissent bien plus que ceux qui ne le pratiquent pas est simplement une absurdité.
Chacun doit jouer avec les meme armes, et le doping est interdit dans le sport, alors pourquoi permettre auxs fonds de pension de risquer dans les casinos bancaires l'argent durement travaillé par la population suisse, juste pour une raison d'avoir la meilleure performance ?

Je rêve d'un jour, où la population se sera rendu compte de l'abus commis sur elle et qu'enfin la bonne gouvernance saura décréter que jouer l'avenir des gens en bourse est aussi malsain que de miser au casino. Car les acteurs qui participent au jeu spéculatif sur l'argent vieillesse des travailleurs suisses et qui leur font porter le risque d'ailleurs, eux gagnent toujours.


www.alonsounica.com

www.genevechiens.com

QUI EST Manuel ALONSO UNICA ?

14:24 Publié dans Etat, Gestion et finance publique, Gouvernance, Pensées, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bonjour Madame,Monsieu
Je vous felicite de votre initiative d'alerter les citoyens de la ÉNORME MANIPULATION des fonds des caisses de pension à l'égal que vous je pense que ce trop risqué de miser nos avoirs dans la bourse comme au Casino. Comment faire ? Histoire de plaire aux fonctionnaires publics et changer la procédure? Autant dire des Assurances Maladie que ne cessent d'augmenter on nous STRESSENT ON TOMBE MALADE ET ON REMPLI LES CAISSES

Écrit par : YUFRA | 22/03/2017

Bonjour Madame,Monsieu
Je vous felicite de votre initiative d'alerter les citoyens de la ÉNORME MANIPULATION des fonds des caisses de pension à l'égal que vous je pense que ce trop risqué de miser nos avoirs dans la bourse comme au Casino. Comment faire ? Histoire de plaire aux fonctionnaires publics et changer la procédure? Autant dire des Assurances Maladie que ne cessent d'augmenter on nous STRESSENT ON TOMBE MALADE ET ON REMPLI LES CAISSES

Écrit par : YUFRA | 22/03/2017

@Yufra.
Ma prochaine publication traitera sur la manipulation du langage, par le patronat, pour mettre la main sur les fonds publics des travailleurs, y disposer et s'y alimenter au travers des frais de gestions et commissions financières (des groupes bancaires). Vous aimerez l'analyse, j'en suis sûr !

Écrit par : Manuel Alonso Unica | 22/03/2017

Bonjour Monsieur,

Lorsque je lis votre article je ne peut que constater l'incontestable: l'esprit de solidarité caractérisant la LAVS, la LAI, l'APG se meurt. L'argent des cotisants, mais pas seulement (la tva, taxe sur le tabac, sur les spiritueux, et les maisons de jeux) est détourné par le grand capital où Compenswiss joue le rôle du grand argentier funambule qui s'aventure trop loin sur un fil de soie reliant les marchés financiers à leurs élégants bureaux du centre ville de Genève. Leur soit-disante approche conservatrice ne permettra pas au fonds AVS/AI/APG de tenir longtemps en équilibre. Ne vous y trompez-pas : un financier n'a pas pour vocation de créé de la valeur, il "joue" avec celle fait par d'autres.

Spéculer avec l'argent du cotisant, du bon vivant (qui boit, fume et joue au casino) est un risque que l'administration ne peut pas se permettre. Je suis bien d'accord "avoir une stratégie de placement déconnectée" n'est franchement pas la bonne nouvelle pour les petits cotisants et contribuables de 30-40 ans qui, lorsqu'ils arriveront à la retraite (5minutes avant de mourir) toucherons des clopinettes et seront à la charge de l'administration, malgré leurs dures labeurs du passé (pour construire notre pays).

Ciao, bonne.

Écrit par : lulu | 23/03/2017

Bonjour Monsieur,

Lorsque je lis votre article je ne peut que constater l'incontestable: l'esprit de solidarité caractérisant la LAVS, la LAI, l'APG se meurt. L'argent des cotisants, mais pas seulement (la tva, taxe sur le tabac, sur les spiritueux, et les maisons de jeux) est détourné par le grand capital où Compenswiss joue le rôle du grand argentier funambule qui s'aventure trop loin sur un fil de soie reliant les marchés financiers à leurs élégants bureaux du centre ville de Genève. Leur soit-disante approche conservatrice ne permettra pas au fonds AVS/AI/APG de tenir longtemps en équilibre. Ne vous y trompez-pas : un financier n'a pas pour vocation de créé de la valeur, il "joue" avec celle fait par d'autres.

Spéculer avec l'argent du cotisant, du bon vivant (qui boit, fume et joue au casino) est un risque que l'administration ne peut pas se permettre. Je suis bien d'accord "avoir une stratégie de placement déconnectée" n'est franchement pas la bonne nouvelle pour les petits cotisants et contribuables de 30-40 ans qui, lorsqu'ils arriveront à la retraite (5minutes avant de mourir) toucherons des clopinettes et seront à la charge de l'administration, malgré leurs dures labeurs du passé (pour construire notre pays).

Ciao, bonne.

Écrit par : lulu | 24/03/2017

Tous Macron? Vive le présent! Pas besoin de prévoyance ni d'aucune sécurité?

@ Manuel Alonso Unica
Je vous lis régulièrement et avec beaucoup d'intérêt. Merci encore une fois pour ce billet très pertinent qui nous éclaire.

Si les milieux financiers (voraces, irresponsable et addictifs aux jeux du hasard) se permettent de telles prérogatives, c'est la faute à notre gouvernement tout entier. Vous êtes un des rares avec quelques uns à nous alerter du danger que courent notre solidarité-vieillesse et nos épargnes socio-professionnelles...A l'heure où les chambres fédérales s'amusent à remanier nos caisses dans un mélange de réel et d'hypothétique. Un peu à l'aveugle pour contenter tous les appétits.Les actuaires privés et publiques vont s'affronter avec leurs modèles mathématiques et il nous sera demandé de nous conformer à ces modèles. les conséquences, on les connaît, il faudra travailler plus pour gagner moins.

Comment faire pour changer d'orientation philosophique et politique à nos personnels dirigeants? C'est tout de même à eux et aux différentes boutiques social-démocrates d'imposer des règles préserver nos patrimoines et avoirs collectifs des attaques.

J'ai l'impression que le mot "institutions" n'existe que pour faire croire qu'il y a des gens sérieux et responsables (des gardiens, des veilleurs vigilants) qui y président. Je m'aperçois, hélas, que ces personnes qu'on y a élues ou nommées sont inféodées aux banques et au Conseil Fédéral bien complice... Autorités bien cupides pour devenir leurs gardes du corps au lieu d'être leurs maîtres.

Ce qui me sidère dans cette affaire, c'est la passivité des gestionnaires de nos caisses, le manque de poids des syndicats qui ne prennent pas en compte la manière et les moyens de protéger ces avoirs (épargnés), comme s'ils n'existaient pas.

Leurs actions pour l'immédiat semblent négliger l'acquis et les conquêtes (législatives) encore à faire. Exemple: revendiquer un pécule supplémentaire de 70 francs pour les petits rentiers AVS, c'est bien, mais ne pas exiger des mesures concrètes de garantie et de protection pour les centaines de milliards mis de côté, c'est faire preuve de légèreté.

Ces milliards sont convoités par des spéculateurs (banques et compagnies d'assurances privées en tête), tout le monde le sait. Mais que font nos candidats aux responsabilités pour faire changer d'un iota ce statut quo entretenu par les pouvoirs en place? Ce qui me fait dire que politiques comme syndicats qui prétendent défendre les travailleurs et les gens modestes, sont devenus inconscients ou cupides. Indifférents par ignorance ou par paresse?
Ces préposés, on peut le constater, sont plus que repus. Ils sont obèses,leur cerveau se dilate sans réelles substances, il flotte au gré des souffles et des rafales idéologiques. Il faut impérativement les mettre à la diète éducative, le temps nécessaire pour eux de réactiver leurs fonctions d'expertise de la conscience.

Mais le peuple, lui aussi, doit se sortir de sa léthargie, de cesser de déléguer son existence et son avenir. Il s'agit de son argent, de sa sécurité future, il faut qu'il réagisse en lançant une courageuse initiative dans ce but - possibilité en sursis jusqu'aux bilatérales démocraticide - au lieu de geindre et de soupirer face à une BNS qui se donne des ardeurs incontrôlées de marchands monétaristes, punissant les dépôts du taux négatif (pour s'en sucrer généreusement), déployant des stratégies coercitives pour évincer les incrédules et les trouble-fête qui la réprouvent.

Le peuple doit se réveiller! Avec une possession pareille (plus de mille milliards de francs pour les deux caisses), il est en position confortable pour faire des appels d'offres. quelles banques ou quels autres organes constitués pour cette perspective ne s'y agenouilleraient pas devant avec l'espoir d'être choisis? Aux représentants Enfin! (experts et élus de gérer dialogues et élaboration des lois-cadres) d'édicter ce cahier des charges, conforme aux vœux populaires mais surtout intelligent pour ne pas devoir subir la déconfiture comme celle vécue par les Genevois avec leur BCGe des années 95.

Une tournant sur une volonté populaire qui demande temps et transparence... Mais il est justement temps de s'y mettre!!!

Ne laissons pas se répandre la klepto-pratique qui ne s'arrêtera pas là, elle est en train de prendre de jolis plis de liberté. Au motif du soutien aux monnaies étrangères. Au motif d'un excédent important de liquidités. A la cause de l'industrie d'exportations (on oublie joyeusement les importations...)
Quelle blague!

Et si le dollar demain dégringole?
Et si l'euro s'effondre et disparaît avec la dislocation de l'UE ?
La BNS fera quoi de ses créances en chiffres?
Mettra-t-elle son compteur à zéro? Le Conseil Fédéral mettra-t-il la population à zéro aussi? Avec une rétribution négative pour son travail de production?
Doit-elle, notre épargne, participer aux périlleux risques de la roulette du Casino international?
Qui des contempteurs de la Suisse voudra bien lui financer un plan Marshall?
Où est hébergé l'or de la Suisse en ce moment? Peut-on en revoir sa couleur?
L'or suisse s'est-il métamorphosé en papier neutre?

Dans le malheur, si on doit s'y retrouver un jour, on dira que l'UDC avait raison de vouloir savoir ce qu'il nous reste de ce matelas-or de secours. Il lui avait été, alors, opposé un éloquent silence de mépris.

Écrit par : Beatrix | 26/03/2017

Chère Béatrix,
Ce qui est incroyable, est que les informations que je transmets sont des informations publiques, qu'il faut juste savoir trouver et vouloir lire.
Mon plaisir est de montrer aux gens que toute l'information nécessaire est souvent donnée, mais transmise de manière peu lisible, exprès pour que les gens ne se ruent pas dessus.
C'est incroyable de constater comme le souvenir de faits scandaleux s'efface rapidement, voire je n'arrive plus à trouver des infos que je savais publiques il y a peu.
Ou en sommes-nous avec les Panama-papers?
C'est vrai, comme vous le dites, que les dirigeants politiques sont bien plus des incompétents notoires qui mettent en péril (volontairement ou involontairement) la population qui l'a élue? Comment se fait-il que l'on n'instaure pas un système d'évaluation intermédiaire de mandat? Pourquoi ne sanctionnons-nous pas les puissants (comme ils se disent) qui sont nos serviteurs? Je vous assures qu'auprès de la famille des banquiers, les serviteurs sont virés immédiatement s'ils n'agissent pas dans l’intérêt du maître !

Écrit par : Manuel Alonso Unica | 27/03/2017

@ Emmanuel Alonso Unica
Il est vrai que ces informations sont disponibles à plusieurs endroits.
La plus-value de l'information, c'est la qualité de sa vulgarisation. La présentation représente 80% de gain en impact sur le lecteur. Mais pour cela il a fallu travailler le sujet, le documenter et le pré-digérer. Voilà pourquoi j'aime les blogs comme le vôtre. Je suis intellectuellement paresseuse - comme beaucoup de gens, je suppose - un coup de pouce stimulant n'est donc pas inutile.


Dans ce contexte de réalité concernant nos élus, seriez-vous favorable que la Suisse introduise le mi-mandat (re-confirmation ou re-élection) afin de se donner l'occasion de réclamer ce bilan intermédiaire que vous évoquez?

Oui, quand je parle de bilan intermédiaire, je ne songe pas qu'au verdict. Il y a auparavant, des solutions et différents remèdes à trouver ensemble, souvent des corrections de part et d'autre à apporter, parce qu'on n'est pas parfait. Je songe aussi à l'information due à la population qui peut faire l'objet de larges débats, et finalement, pour rejoindre votre formulation que j'aime bien, virer celui ou ceux qui sont manifestement malhonnête ou inaptes à la bonne gestion de la banque du peuple. S'il s'agit d'un élu, des élections partielles devraient pouvoir être envisagées. Mais le principe d'obliger le gestionnaire ou l'élu à apparaître face à ses concitoyens pour défendre son bilan, serait à considérer que ce principe signifie le droit pour le mis en cause de s'expliquer, de développer la défense de son exercice.
Que sa démonstration soit acceptable ou franchement récusable, la décision devrait revenir dans les urnes de toute façon.

Écrit par : Beatrix | 28/03/2017

Ce soir, je viens de lire ceci et je ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous, Emmanuel, mais surtout avec vos lecteurs. J'espère que le sujet que vous traitez ici continuera de recueillir des réactions.

L'euthanasie des retraités!?
Une perspective fort probable.

https://lilianeheldkhawam.com/2017/03/28/la-catastrophe-des-taux-dinterets-negatifs-charles-gave-article-2015/

Écrit par : Beatrix | 29/03/2017

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