17/11/2016

Travailleurs oubliés dans le caniveau

L'assistance genevoise est-elle une trappe à gens honnêtes ?

Combien de citoyens genevois ont recours à l'assistance ? Ou plutôt combien sont contraints à y devoir faire appel ?

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Croyez-vous que ce sont des cas marginaux ? Des individus atteints d'handicap face à la société et pour le marché du travail ?

Non, vraiment pas, que nenni, ce sont de plus en plus des personnes avec un bon niveau d'instruction et même des personnes qui ont de professions recherchées telles que cuisiniers, gestionnaires comptables ou gestionnaires financiers.

A noter que certains de ces individus avec des professions recherchées ne sont pas de prime abord des personnes à même d’être discriminées par leur âge, leur couleur de peau, un handicap ou leur nationalité. Non vraiment pas, car ça peut également être des personnes d'origine suisse, qui sont tombés dans ce qu'on peut appeler la « dèche » lors de la perte de l’emploi.
Si je l'écris et j’en fais un article, c'est que j'en connais personnellement quelques-uns et chaque fois de plus en plus.

Non seulement ces ami(e)s ne manquent pas de motivation pour réintégrer le marché de l’emploi, mais en plus avalent avec dignité les couleuvres relatives aux humiliations que la vie leur a offert.

Tomber au chômage n’est plus un fait exceptionnel de nos jours, c’est courant et rares sont ceux qui se sentent honteux car cela ne découle pas d’eux mais d’un marché de l’emploi sec.

Atteindre le niveau social suivant, l’assistance sociale commence à se banaliser. A qui doit-on cela ?


Premier problème, le marché

L’on peut aisément donner la faute au marché, ou plutôt au patronat, le fait que l’économie genevoise n’absorbe pas les chômeurs dans l’outil productif ; soit dû à leur incapacité à créer de l’emploi ou/et soit dû au fait de se servir de travailleurs non indigènes.

Il est très facile pour les patrons de se jouer du système et du principe de « paix du travail » en respectant les règles syndicales qui combattent le dumping salarial et d’embaucher des salariés sur une « même fonction » en les rémunérant de « manière égalitaire », qu’ils soient travailleurs indigènes ou travailleurs en provenance de l’Union européenne.

Cependant concernant le dumping sur les prestations, les patrons usent et abusent de leur droits de la libre concurrence, et se permettent d’allouer des travailleurs non indigènes, qui sont attirés par l’Eldorado suisse de l’emploi inespéré par rapport à leur pays, sur « une fonction inférieure » pour payer avec « une rémunération inférieure » ce qui pousse les autres travailleurs sur une guerre à la production et dégrade les conditions de travail et dégrade également la santé des travailleurs en Suisse.

Pour ce qui est des personnes déversées dans l’assistance, c’est l’Office cantonal de l’emploi de Genève qui, en remplissant mal sa mission, catapulte les chômeurs à l’Hospice général.


Le management de l’OCE

Constater que des personnes qui sont largement aptes au marché du travail, de niveaux de compétences et d’expériences élevés et qui sont ni trop jeunes ni trop âgés, se trouvent en situation d’inactivité relève d’un échec retentissant de l’Office cantonal de l’emploi quant à sa mission légale pour le canton de Genève.

Il est vrai que le nouveau management de l’OCE à Genève interprète les textes juridiques nationaux à sa façon et ordonne à ses gestionnaires de baser exclusivement leur travail sur le contrôle du chômeur et non pas au niveau de l’accompagnement ou de l’aide active à ce dernier dans sa recherche d’emploi.

Bien sûr, on sait bien que les chômeurs sont du « menu frottin » qu’il faut contrôler car il bénéficie de la manne publique provenant de l’assurance-chômage avec une intention d’abus.


La purge mensuelle de l’OCE

A ce jour, l’OCE se déleste tous les mois d’environ 400 chômeurs genevois et les oriente vers le système social suivant, l’assistance : à savoir que ce nombre est réparti entre hommes/femmes et entre suisses/étrangers de manière très équilibrée et quasi égalitaire ce qui fait presque plaisir de constater cette « égalité » de « malchance » non discriminante.

Ce qui fait surtout peur à voir, c’est que sur ces 400 personnes, des humains, 2/3 sont des personnes comprises dans la tranche d’âge 25-50 ans ; personnes qui devraient être actives dans le marché de l’emploi. A savoir, que ces données ont été prises de manière très aisées sur le web dans les sites de statistiques et sont récentes.

Allant sur cette voie, chaque année l’OCE se débarrasse de manière irresponsable d’environ 5'000 genevois chômeurs par la « fin de droit » des prestations d’assurances.

Un chômeur n’est jamais tout seul dans notre société, il a un entourage et un pôle familial (je l’espère), ce qui fait que lorsqu’un individu de notre entourage est touché par ce fléau c’est tout un groupe qui est affecté.


Les effets sur la société

Concernant l’OCE, continuer à considérer des humains comme des tares, et appliquer la standardisation du travail dans le domaine de la gestion des dossiers de chômeurs (chercheurs d’emploi) est une absurdité et devrait être fortement sanctionné de par son irresponsabilité sur les effets néfastes dans l’économie de notre région, par le coût social qu’il provoque et sur le psyché des habitants, à savoir la santé d’humains ce qui est plus grave.


https://www.amstat.ch/v2/index.jsp?lang=fr


Commentaires

Très bon article...tout est écrit. Bravo!

Écrit par : Nicole | 18/11/2016

Excellent article, en particulier sur le fonctionnement de l'OCE.

Mais il faut préciser aussi que en fin de droit de chômage, même avec zéro revenus prouvé, il faut encore passer une nouvelle étape inquisitoire dans la déchéance en perdant tous ses biens (et pas que les liquidités) pour avoir droit a une aide sociale.

Écrit par : Eastwood | 18/11/2016

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