09/08/2016

Chômage, le jouet favori du patronat

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Effectivement, le chômage s’est maintenu au mois de juillet 2016 au taux de 3.1%, mais c'est aussi dû aux personnes domestiques sorties du système de chômage (fin de droit) et qui survivent dans l'humiliation provoquée par un marché de l'emploi sec - preuve en est le peu d'annonces d'emploi dans les journaux - et par l'assistance publique dont certains s'y trouvent malgré eux.


Ces situations de précarisation de vie professionnelle se voient de plus en plus couramment parmi des personnes ayant des diplômes et des compétences élevées. Les seuls défauts de ces derniers, aux yeux des employeurs, sont soit leur âge avancé, soit le coût en charges sociales découlant de leur âge avancé (cotisation LPP élevée).

Il est toujours préférable pour le patronat de faire appel à de la main d'œuvre en provenance de l'étranger plus jeune et plus motivée. Lorsque je parle de "motivée", je sous-entends bien évidemment la peur et le stress que ces employés étrangers ont, qui après avoir trouvé un Eldorado helvétique de l'emploi (en comparaison avec leur pays), craignent de le perdre. Si l’on se met dans leur peau de ces travailleurs, il me semble que nous réagirions de la même manière.

Le patronat sait très bien jouer et manipuler cette main d’œuvre importée de l'étranger (frontaliers et expatriés), afin d’instaurer une concurrence productive avec les employés domestiques pour accroître leurs résultats et leur permettre d’avoir au passage un prétexte de licenciement ; et ce après avoir démoli l’environnement de travail et la santé mentale des travailleurs.

En qualité de socialiste de m'insurge sur ces pratiques et sur une politique qui a manipulé la population afin de lui chanter les biensfaits neolibéraux de cette libre circulation des personnes. A savoir, qu'elle fait d'ailleurs partie du paquet des quatre libertés de l'Union européenne: des biens, des capitaux, des services et des personnes.

La libre circulation des travailleurs (et les autres aussi) profite avant tout au patronat du grand capital, qui a tout fait pour promouvoir ce modèle. Concernant nos exclus du marché du travail, soyons dans le juste et utilisons le terme exact, parlons de « surplus » !

13:02 Publié dans Air du temps, Etat, Genève, Politique, Suisse | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je comprends et partage vos préoccupations. Pourtant j'ai souvent l'impression que les défenseurs des plus démunis ne semblent pas réaliser que nous vivons encore en sursis dans un monde en profond bouleversement avec quasiment le plein emploi dans notre pays.

Ce qui nous attend, et qui a déjà été largement annoncé par les décideurs mondiaux qui fricotent avec le FMI, le WEF, l'OMC et tous ces acronymes révélateurs, c'est la fin du travail pour la moitié de la population mondiale pour trois raisons essentielles :
- Augmentation exponentielle de la population avec 240000 naissances de plus que de décès chaque jour. Nous étions 1 milliard d'individus sur Terre en 1800, nous avons passé les 7 aujourd'hui et la projection est de 11 pour la fin du siècle.
- Augmentation de l'espérance de vie de deux ans chaque année avec des promesses spectaculaires annoncées grâce à la médecine génétique.
- 4ème révolution industrielle avec numérisation et robotisation de la plupart des tâches.

Bref, ce que je voulais dire, c'est que les socialistes m'apparaissent comme des gentils, bourrés de bonnes intentions, mais je ne vois pas beaucoup de courage pour remettre profondément en question nos modèles.
L'exemple le plus parlant pour moi est le refus de soutenir le RBI. Par cette posture timide et opportuniste, les socialistes suisses ont perdu crédibilité et respect à mes yeux.

Écrit par : Pierre Jenni | 11/08/2016

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