21/07/2016

La nouvelle souveraineté turque se nomme démocrature

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J'ai connu la Turquie lors de ma jeunesse lorsque j’étais globe-trotter et j'ai arpenté, avec mon sac à dos, tous les recoins de ce pays que j'ai tant aimé et admiré. Quinze fois, j'ai atterri à Istanbul et pris le chemin d'une contrée différente de ce pays. A cette époque, il y a plus de 30 ans, il n'y avait pas de femmes voilées de noir de la tête aux pieds mais uniquement des foulards traditionnels recouvrant les cheveux des vieilles dames montagnardes, probablement par coquetterie et surtout par tradition.


Et voilà, que l'on se trouve aujourd’hui dans un territoire dominé par la religion qui ne prône que des interdits, les inégalités entre hommes et femmes et la soumission de la population à une nouvelle élite. Les principes mêmes de la Constitution sont bafoués impunément par les nouveaux gouverneurs.

La laïcité ... dehors. Les égalités ... dehors. Les droits ... dehors. Une nouvelle souverainté se crée avec l'étiquette islamiste, avec à sa tête nonobstant et paradoxalement un élu au suffrage universel (Recep Erdogan) avec 52% de résultat aux élections de 2014 : découlant des 74% de votants turcs qui ont souhaité se prononcer.

Un seul prétexte manquait pour réattribuer les fonctions et les rôles à leurs partisans : le putsch raté. Voilà, maintenant ce qui était hier en place c'est du périmé à tout jamais, les nouveaux remplaçants sont officialisés. Et ce, juste pour une question de divergence politique. Bravo, la démocratie ! ... ou doit-on plutôt dire ? … bienvenue la démocrature turque. Forme de dictature avec une couverture de démocratie.

Je suis horrifié, un produit même de la démocratie permettra de tuer cette doctrine légitimement, mais de manière abusive. Ainsi, les règles démocratiques permettent de tuer la démocratie, par les personnes malhonnêtes.

Combien de fois faudra-t’il attirer l’attention des citoyens sur le fait que le manque d’éthique et du respect de principes basiques tel que « la vérité » de la part de nos dirigeants sont les éléments les plus importants qui légitiment les élites ? En cas de faute, la sanction doit être obligatoire, auquel cas une dégradation asservira injustement les individus.

J'ai souvent critiqué les dérives patronales dans la démocratie. Le patronat, les propriétaires arrivent à influencer les lois en faveur d'une minorité de riches qui se divisent le gâteau, au travers des lobbys et de la corruptibilité des élus. Voilà que dans le cas turc, nous sommes dans une situation où seul le numéro un s'attribue le gâteau à lui seul et aura la générosité de récompenser ses fidèles et la possibilité de sanctionner les dissidents, voire même les personnes qui ne seraient que dérangeantes.

Je pleurs, car je n'aurais jamais voulu être témoin de cette dérive !

15:33 Publié dans Air du temps, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

Cette dérive s’appelle Erdogan et il fallait être autiste pour ne pas la voir venir. Le mot démocrature est faible c'est bien d'une dictature qu'il s'agit même si elle se parent d'habits civilisés, de moins en moins d'ailleurs. Le Califat s'installe de gré ou de force. Certains dirigeant européens qui ne s'embarrasse plus de demander à leurs peuples de se prononcer sur l'avenir de leurs pays doivent regarder avec envie l'homme fort de la Turquie. Il est interessant de constater que ce sont les ex pays de l'est qui s'avère être les plus démocrates de cette Europe dirigiste puisque ils sont les seuls avec les britanniques à oser demander l'avis de leurs concitoyens.

Écrit par : norbert maendly | 21/07/2016

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