15/12/2015

Non aux coupes budgétaires

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A l’écoute de la séance du Conseil municipal de la Ville de Genève, je constate des positions prédéfinies par la droite élargie (PDC, PLR, UDC, MCG) et dont les propos argués par la gauche (EàG, PS, Verts) n’arrivent pas à faire mouche et à faire changer d’avis cette droite élargie, qui veut toujours couper les dépenses par soucis d’économie.


Selon les propos pertinents de Monsieur Adrien Genecand (PLR), le Conseil municipal est souverain et le peuple l’a élu sous la forme actuelle ; c.-à-d. en donnant plus de voix à la droite qu’à la gauche. D’ailleurs Madame Natacha Buffet-Desfayes (PLR) l’a encore rappelé vers la fin des débats.

Mais si la population n’est pas d’accord avec les principes si facilement prévisibles de la droite, notamment de vouloir universellement couper les dépenses publiques afin de réduire la voilure de l’Administration publique et de l’État, pourquoi l’a-t’elle voté majoritairement ?

Je répondrais à cette question, par les promesses électorales de ces partis de droite qui n’ont pas annoncé clairement leur intention de coupes, mais plutôt des programmes basés sur la sécurité et sur l’activation de l’économie genevoise. Tout ceci se paye et on ne peut pas réaliser ces promesses sans délier les cordons de la bourse. La population lors de son vote n’a probablement pas pensé que les prestations allaient lui être diminuées.

Après tout le budget présenté par la Conseillère administrative Sandrine Salerno (PS) est excédentaire et les charges maîtrisés pour des prestations publiques de qualité.

Non la droite élargie n’en a pas voulu et a tranché dans le vif.

Pour ma part, je partage la position de gauche qui veut préserver les services publics actuels ; qui sont de qualité et indispensables à une qualité de vie élevée dans notre ville. Eh oui, c’est vrai ! la qualité a un prix, mais il faut en outre tenir compte de critères qui sont passés sous silence par la droite lors du débat, tel que la justesse dans la comparabilité ou même l’effet négatif de cette situation d’austérité budgétaire sur le moral des employés du public, ou auprès des associations subventionnées.

La droite compare souvent les coûts de la ville de Genève avec ceux des autres villes. Il est important de relever que le coût de la vie n’est pas identique dans les différents cantons suisses ; et surtout le coût de l’assurance maladie qui ne figure pas dans le panier de la ménagère. A savoir que l’assurance maladie genevoise est la plus chère de la Suisse.

L’entrée dans une nouvelle période d’austérité budgétaire touchera fortement le moral des employés qui aura pour effet de les rendre moins efficaces, dû à la démotivation découlant d’une peur sur l’avenir de leur poste. Ceci aura également un effet sur la santé psychique de ces travailleurs qui se verraient obligés et poussés à faire au plus vite toutes leurs tâches ; au risque de mal faire le travail. Avec les conséquences supplémentaires qui sont de fournir une mauvaise prestation à la population et de fournir un prétexte à son supérieur de l’évaluer négativement à la fin de l’année.

Les associations se voient également touchées et malmenées, elles qui exécutent des tâches que l’administration publique n’a pas su ou n’a pas voulu réaliser. Ces tâches outsourcées sont réalisées à un tarif moindre par rapport à celui que l’administration publique pourrait faire en internalisation ces dernières. Trop tirer de la corde aurait pour conséquence de dégrader en chaîne les services fournis et l’environnement de travail.

Je n’ose pas penser le jour où la droite viendra encore proposer le modèle qui vide systématiquement les caisses publiques et qui engraisse des entrepreneurs proches des milieux de droite ; à savoir le PPP – le Partenariat Public Privé.

Un référendum a été annoncé et le peuple tranchera ! et avec connaissance de cause !

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Commentaires

Cher Manuel

J'apprécie vraiment ton analyse de la situation. Un grand merci

Écrit par : maria del mar vico | 15/12/2015

Merci Maria, j'ai cherché à synthétiser un minimum... on ne peut pas toujours se comporter comme dans le privé. Le public a de particularités que les managers privés n'arrivent pas à comprendre.

Écrit par : Manuel | 16/12/2015

Au-delà des comparaisons possibles des données brutes, il faut aussi se rendre compte de l'imposition fiscale et là la situation est nettement en faveur des genevois. Vous parlez des primes de caisse maladie, certes très élevées à Genève, mais alors dites aussi qu'elles sont déductibles en totalité du revenu pour le calcul de l'imposition. C'est un fait qui fait rêver bien des contribuables des autres villes. On a l'impression que dès que l'on parle de coupe, c'est la fin du monde. Peu (pas ?) de communauté publique ne vit avec un tel niveau de dépenses publiques. Ce qui a été possible (surtout pour le canton) l'a été par le choix d'un endettement inconscient qui fait peser de lourdes menaces sur les générations à venir.On dit que gouverner c'est prévoir... que proposez vous pour anticiper les temps nettement plus durs qui s'annoncent ? Facile de fustiger la droite (qui porte d'ailleurs elle-même aussi la responsabilité de la dette) mais le mieux serait de ne pas pleurer mais de proposer et d'agir.

Écrit par : uranus2011 | 16/12/2015

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